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Résumé
du programme du PSOE:
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Italie
Naissance du Partito
Democratico italien
Joël, Section de Rome, 30 Octobre 2007
Le 14 octobre 2007, le scène politique italienne a vu la naissance
d'une nouvelle formation, le parti démocrate, (Partito Democratico,
PD) qui organisait une consultation populaire sur tout le territoire en
vue de l'élection de son président. Walter Veltroni, l'actuel
maire de Rome, a été élu largement avec 75,81% des
3 milions de suffrages exprimés [1] . Pour les italiens de centre-gauche,
la question principale est de savoir si ce nouvel acteur de la vie politique
italienne recueillera plus d'adhésion que n'en avaient traditionnellement
les partis qui ont fusionnés au sein du PD ; on cherche aussi à
savoir quelles valeurs cet ensemble résultant de formations aux
doctrines différentes voudra défendre. Pour des membres
du Parti Socialiste résidant en Italie, le questionnement est peut-être
encore plus fort : le processus qui a abouti à la création
du PD dans la péninsule est-il transposable en France et quel pourrait
être le résultat d'une telle démarche dans notre pays
? Serait-elle souhaitable, alors que l'on sent bien l'intérêt
que suscite la démarche transalpine au sein des responsables politiques
de la gauche française? [2]
La naissance du PD : un événement à replacer dans
son contexte
La première remarque à faire sur la naissance du parti démocrate
est qu'il est une concrétisation partisane d'une alliance électorale,
l'Ulivo, sous la bannière de laquelle se sont présentés
les Démocrates de gauche (DS, l'ex parti communiste italien transformé
après 1991) et la Marguerite (centre-gauche chrétien, née
lors de l'éclatement de la Démocratie Chrétienne
après Mani Pulite en 1992) à la plupart des élections
depuis 1996. Après les élections d'avril 2006, il est apparu
naturel de vouloir faire converger ces deux entités au sein d'un
nouvel ensemble unifié. La création du PD correspond donc
à un long processus de dix ans, ayant avancé étapes
par étapes, et non d'une décision récente et ponctuelle.
D'autre part, un phénomène
d'aggrégation au sein du spectre des partis politiques semble nécessaire
en Italie, dans un système qui connaît une fragmentation
particulièrement forte. Le gouvernement dirigé par Romano
Prodi fait l'expérience de la difficulté qu'il y a à
mettre d'accord les membres d'un gouvernement dont la base politique est
constituée de nombreuses formations (les ministres proviennent
des 8 partis composant la coalition de centre-gauche, l'Unione [3])
Enfin, on ne doit pas négliger la période délicate
que traverse tout la classe politique italienne aujourd'hui, très
critiquée par les citoyens en raison de son âge moyen avancé,
de ses privilèges importants, et de son coût élévé.
De nombreux scandales faisant ressortir l'impunité avec laquelle
certains hommes politiques abusent de leur condition (qui emprunte l'avion
officiel pour aller à un grand prix de Formule 1, qui profite d'une
ambulance pour rejoindre un plateau de télévision,
)
ont fini par exaspérer l'opinion. Beppe Grillo, comique devenu
le héraut télématique des doléances populaires
(son blog a été évalué par le Financial Times
à fin 2006 comme étant le 28ème blog plus vu au monde,
et le premier en Europe [4]), est devenu depuis le 8 septembre et le V-Day
qu'il a organisé (le Va te faire voir Day, pour rester poli), le
symbole de l'antipolitica que craignent tant les pouvoirs politique et
médiatique. Le PD représente pour le centre-gauche la possibilité
de rénover son image, ternie par des scandales, notamment financiers
(les deux principaux dirigeants des DS, D'Alema et Fassino sont impliqués
dans le scandale de l'Unipol).
Le parti démocrate
: un succès ? Pour qui ?
Les trois milions de votants du 14 octobre sont indubitablement un succès
et donnent une assise démocratique au PD. Cependant, cette réussite
indéniable est à mettre en rapport avec les 5 milions de
votants pour la désignation de Romano Prodi comme chef de la campagne
pour les législatives 2006 et, plus récemment, avec les
80% de participation (5 milions encore) pour le référendum
sur la réforme des retraites.
Un succès populaire
relatif, donc, qui a mené Walter Veltroni à la présidence
du PD. Cet ex-directeur de l'Unità (le journal des DS), maire de
Rome réélu très largement en 2006, peut aussi considérer
le 14 octobre comme un succès personnel dans la mesure où
il a recueilli plus des trois quarts des suffrages. Le succès de
Veltroni, grand admirateur de Kennedy, est clairement le succès
d'une vision américaine de la gauche; de ce point de vue le nom
choisi n'est pas un hasard, et le manifeste du parti démocrate
va lui aussi clairement dans ce sens, notamment du point de vue économique
: "Nous les démocrates sommes convaincus que l'Italie a besoin
d'une cure extraordinaire de concurrence dans les marchés et d'efficacité
dans le secteur public [5] ".
Si le Parti Démocrate concrétise la victoire d'une certaine
vision de la gauche (liberal, au sens américain ), il est aussi
une défaite pour des idées plus à gauche. On peut
regretter que le mot socialiste ne soit cité que comme une source
d'inspiration " [Nos valeurs] sont alimentées à la
fois par la pensée politique libérale, par celle socialiste
et par la démocrate-catholique [6]. ". Le mot " centre-gauche
" n'est utilisé qu'en faisant référence aux
familles politiques européennes s'en réclamant. Du reste,
le PD n'a pas encore décidé le groupe parlementaire au sein
duquel il siègera au Parlement Européen.
Il est bien évidemment
difficile de juger l'orientation d'un parti qui doit encore constituer
véritablement sa doctrine, et commencer à travailler au
parlement italien. Il sera de ce point de vue intéressant de suivre
l'assemblée constituante du 27 octobre prochain. Cependant, les
premiers pas du parti démocrate nous semblent suffisants pour mettre
en garde le Parti Socialiste français contre un processus analogue,
d'abord en raison des contextes d'alliance et d'échiquier politiques
différents entre la France et l'Italie ; ensuite parce que le Parti
Socialiste représente déjà lui-même une synthèse
de plusieurs courants ; et enfin parce que l'on peut préssentir
à la lecture du manifeste que le Parti Démocrate fera sans
doute peu de cas de valeurs profondément de gauche (les services
publics, la laicité, notamment) pour mieux épouser celles
de feu la Démocratie Chrétienne. En France, le manifeste
du Parti Démocrate serait sans doute plus facilement soutenu par
le Modem que par le PS.
On peut bien evidemment
penser que les valeurs mises en avant le sont aussi pour des raison tactiques,
dans la tentative que constitue le PD devenir la seule formation puissante
en face d'une droite italienne dure et sans vergogne, officiellement alliée
aux extrémistes de la Ligue du Nord. Toutefois, il y semble qu'il
y ait quelque risque à brader ainsi un siècle d'histoire
de la gauche, d'autant plus qu'au vu des premiers sondages, on ne peut
pas encore considérer que la création du PD soit un succès
stratégique : pour l'instant, les intentions de vote du PD sont
inférieures à la somme des votes DS et Marguerite [7].
En résumé,
la création du PD donne l'impression que des idées sociales-démocrates,
le Parti Democrate n'a retenu que les démocrates, laissant de coté
les convictions sociales. Et les socialistes ont envie de crier, en paraphrasant
la désormais fameuse réplique de Nanni Moretti dans son
film Aprile : " Walter, dis quelque chose de gauche ! "[8]
[1] Source : Site
du Partito Democratico, : http://www.partitod emocratico. it/adon/files/
totalegraf. pdf
[2] Voir à ce sujet l'interview de S.Royal publiée par
Libération le 22.10.07 : " Il y aura forcément, en
France aussi, des recompositions entre centre et PS ", http://www.liberati
on.fr/actualite/ politiques/ 286437.FR. php
[3] http://www.repubbli ca.it/2006/ 05/sezioni/ politica/ nuovo-governo-
uno/quote- governo/quote- governo.html
[4] European Bloggers find their voice, par Kate McKenzie, FT, 10.10.2006.
[5] "Noi democratici siamo convinti che l'Italia abbia bisogno
di una cura straordinaria di concorrenza nei mercati e di efficienza
nel settore pubblico", Manifeste du Partito Democratico
[6] "Traggono alimento sia dal pensiero politico liberale, sia
da quello socialista, sia da quello cattolico democratico" , Manifeste
du Partito Democratico
[7] Sondage réalisé le 19.10 pour Répubblica.
[8] http://www.youtube. com/watch? v=F4iAqprsZ7Q
Les projets du
gouvernement Prodi
Par Dominique Depriester, section de Rome
Arrivé au pouvoir
après les élections des 9 et 10 avril 2006, Romano Prodi
est à la tête d'une coalition très large allant de
Rifondazione Comunista (ex PC) au centre gauche et dans laquelle les Democratici
di Sinistra (DS) ont le plus de poids.
L'objectif du gouvernement
est de remettre le citoyen au cur de l'action politique,
alors que Silvio Berlusconi nous avait habitués à orienter
l'action de son gouvernement vers son intérêt propre ou celui
de ses proches. C'est ensuite de relancer l'économie par
le biais d'une série de libéralisations et de réformes
entrant en vigueur en ce début d'année.
Lutte contre la
vie chère : le citoyen consommateur
Un des premiers dossiers ouvert par le gouvernement en place est celui
du coût de la vie.
D'ici peu, il sera possible d'acheter des médicaments et des carburants
dans les supermarchés. Les tarifs des banques et des assurances
seront clarifiés, le transfert de comptes ou d'emprunts d'un établissement
à l'autre facilité. Autre exemple qui touchera la vie quotidienne,
la suppression de la date limite d'utilisation du crédit de communication
du téléphone portable .
Ces mesures fort nombreuses devraient permettre une relance générale
de l'économie en relançant la concurrence et la consommation.
Plus de solidarité
fiscale
Le retour à plus de solidarité est permis par une réforme
fiscale qui taxe davantage les revenus élevés et allège
les plus faibles (inférieurs à 40.000 euros par an). La
taxe sur les successions a été rétablie.
Romano Prodi table également sur une chasse à l'évasion
fiscale sans précédent. Le ministère des finances
a enregistré plus de 14 milliards d'euros de rentrées fiscales
supplémentaires ces six derniers mois (soit 10 % d'augmentation).
Il s'agit donc de redonner des moyens à l'état tout en diminuant
sa dette.
Faciliter l'accès
au travail - Un travail moins précaire
L'accès à certaines professions (coiffeur, esthéticien,
guide touristique
) ne sera plus limité pour faciliter l'emploi
des plus jeunes.
Les formalités pour lancer une entreprise sont également
allégées : l'objectif est de pouvoir lancer une entreprise
en moins de vingt quatre heures.
Pour réduire la précarité dans le travail, l'utilisation
des contrats " extra flexibles " est économiquement découragée.
Plus de 150 000 emplois publics précaires seront pérennisés.
Une crédibilité
internationale
Au plan international, l'Italie devait retrouver sa légitimité
après la diplomatie suiviste et toute en paillettes de Berlusconi.
Massimo d'Alema, ministre DS des affaires étrangères a annoncé
dès son entrée en fonction le retrait total des troupes
italiennes d'Irak. Loin d'être un repli, cette annonce fut le signal
de la relance d'une diplomatie multipolaire riche et ambitieuse en rupture
là aussi avec la politique étrangère du précédent
gouvernement.
La mise en place complète
du programme de gouvernement est toutefois rendue difficile par la très
faible majorité de gauche au Sénat (un siège d'avance).
L'exigence de consolider une force à gauche est une nécessité.
Les principaux partis de la coalition de l'Olivier, dont font partie les
Démocrates de Gauche et la Marguerite, se sont donc engagés
dans la création d'un grand parti de centre gauche: le Parti Démocratique.
A l'occasion d'un congrès national des Democrates de Gauche, les
600.000 inscrits sont appelés à se prononcer sur ce projet
réformiste soutenu en première ligne par le Secrétaire
actuel Piero Fassino.
Canada
"
À égalité pour décider " : Version québécoise
de l'engagement des femmes dans l'action politique et démocratique
Par Sylvie Grosjean, Secrétaire de la section d'Ottawa
Le
Québec et la France se sont engagés dans deux politiques
radicalement différentes en ce qui concerne la participation des
femmes à la vie démocratique. En 1999, le gouvernement de
gauche québécois (Parti Québécois) mettait
en place le programme à égalité pour décider,
dont l'objectif vise à obtenir une représentation équitable
des femmes au sein des instances décisionnelles locales et régionales.
Un an plus tard, le gouvernement Jospin choisit la voie de la parité
favorisant un égal accès à la représentation
politique. Quelle leçon pouvons-nous tirer du choix québécois
?
Le
programme québécois à égalité pour
décider a été mis en place afin de soutenir financièrement
des organismes à but non lucratif (centres de femmes, collectifs
de femmes immigrantes, réseau des groupes de femmes) dans la réalisation
de projets encourageant la participation des femmes à différents
postes décisionnels dans les domaines politique, social ou économique.
Par exemple, en novembre 2004 l'organisme AGIR (Assemblée des Groupes
de femmes d'Interventions Régionales) propose une tournée
de mobilisation auprès des femmes de la région de l'Outaouais
québécois en vue des élections municipales de 2005.
Sous le thème " En novembre 2005, je serai candidate ! ",
l'organisme AGIR met en place des activités de formation et de
mobilisation afin d'inciter un grand nombre de femmes à poser leur
candidature en vue du prochain scrutin municipal. Concrètement,
sur le terrain, se mettent en place des ateliers de formation gratuits
sur des thèmes divers (le financement d'une campagne, la politique
municipale), des rencontres avec des politiciennes et un service Info-Élection
2005. Dans une autre région du Québec (Gaspésie),
la table de concertation des groupes de femmes met en place le projet
" EN MARCHE ". Celui-ci s'adresse avant tout aux jeunes femmes
(dans les écoles secondaires et les campus) en leurs proposant
des ateliers de formation sur le fonctionnement des structures régionales
et locales ou des ateliers de sensibilisation sur l'importance pour les
femmes d'investir les lieux décisionnels.
Même
si les statistiques ne notent pas une augmentation fulgurante du nombre
de femmes dans les instances décisionnelles au Québec, ce
programme a eu néanmoins pour effet de stimuler et mobiliser divers
acteurs dans les régions. Alors, ne pourrait-on pas être
encore plus volontariste en France en ajoutant aux mesures législatives,
des programmes de soutien ayant pour objectif de donner l'envie et la
possibilité aux femmes de participer pleinement à l'action
politique et démocratique de leurs villes, cantons, régions
ou pays.
Chili
La
voie chilienne
Par Marc Landalois, Chili (isolé)
Depuis le retour de la démocratie au Chili, les différents
gouvernements de centre- centre-gauche de la Concertación, notamment
ceux des socialistes Ricardo Lagos (2000-2006) et Michelle Bachelet (depuis
mars 2006), s'efforcent d'atténuer les effets d'un libéralisme
sauvage sur la société et en particulier sur les plus démunis.
Les
dirigeants ont opté pour des changements en douceur que certains
qualifieraient de simples ajustements, ce qui est loin d'être le
cas, la liste de réformes sociales étant particulièrement
remplie. La preuve par quelques exemples : semaine de 48 à 45 heures,
programme Chile Solidario afin d'éradiquer l'extrême pauvreté,
programme Chile Barrio pour reloger 105000 familles dans des logements
décents, Plan Auge dont le but est notamment d'assurer aux Chiliens
l'accès aux traitements contre des pathologies lourdes peu ou pas
pris en compte par le système antérieur, assurance chômage,
entre autres.
Dans
un contexte de vieillissement de la population, de journées de
travail (et de déplacements) pouvant être particulièrement
longues, la défense de la famille constitue également un
axe renforcé par les gouvernements.
Ainsi,
le congé paternité a été instauré en
juillet 2005 : il permet aux pères de bénéficier
de quatre journées, à prendre dans le mois suivant la naissance,
payées à 100% par l'entreprise, ce droit étant non
négociable et l'employé ne pouvant y renoncer. Cette mesure
a été particulièrement appréciée par
les salariés, d'autant plus que les congés payés
sont souvent de 15 jours ouvrables.
A
l'initiative d'un sénateur socialiste, le Sénat vient d'approuver
à l'unanimité fin janvier une loi qui octroie à toutes
les femmes qui travaillent une heure par jour afin qu'elles puissent allaiter
au sein ou au biberon leurs enfants de moins de deux ans. Toutes les femmes
salariées, quelle que soit l'entreprise, auront le droit d'alimenter
leur enfant une heure par jour, que ce soit en arrivant une heure plus
tard, en partant une heure plus tôt, ou en allaitant sur le lieu
de travail.
Ainsi, il ne s'agit pas d'ajustements à la marge mais d'une réelle
volonté des gouvernements sociaux-démocrates de construire
une société plus juste et plus équilibrée.
Il reste qui plus est 3 ans à Michelle Bachelet pour continuer
les réformes en ce sens. Les défis demeurent énormes,
notamment en matière d'éducation, afin que le Chili, souvent
considéré comme le meilleur élève latino-américain
en termes économiques, puisse également devenir un modèle
de développement social.
Etats-Unis
Le
berceau d'un nouveau syndicalisme ?
Par corinne Narassiguin et Thomas Philippon, section de New York
Contrairement
à certaines idées reçues, les Américains ont
une vision positive des syndicats. Selon un sondage récent, la
majorité d'entre eux pense que le rôle des syndicats est
positif pour l'économie, les entreprises, et les travailleurs.
Pourtant le niveau des adhésions stagne depuis 20 ans, autour de
9%. Cela est probablement dû au fait que le syndicalisme reste trop
industriel et peine à s'adapter à la diversité du
monde du travail actuel.
Un
nouveau mouvement syndical a pourtant vu le jour aux Etats-Unis. Sara
Horowitz, ancienne avocate en droit du travail, a en effet fondé
le " Freelancers Union ", syndicat pour les travailleurs indépendants
(consultants, contractuels, artistes, etc.).
Aux
Etats-Unis, comme la protection sociale est largement privatisée,
les travailleurs dépendent principalement des plans santé
et retraite offerts par leurs entreprises. Ce sont les entreprises qui
négocient les termes des contrats auprès des compagnies
d'assurance.
Les
travailleurs indépendants, eux, doivent cotiser individuellement,
ce qui est souvent très coûteux. Le Freelancers Union leur
offre un moyen de mutualiser leur protection sociale : négociation
de taux moins élevés auprès des compagnies d'assurance
pour la couverture maladie, l'assurance invalidité, l'assurance
vie. L'inscription au Freelancers Union est gratuite. Le syndicat se finance
par de petites commissions retenues sur les contrats d'assurance signés
par les travailleurs.
Fondé
en 2003 pour la région de New York, le syndicat est maintenant
en phase d'expansion nationale. Avec 20 millions de travailleurs indépendants
aux USA, ce nouveau type de syndicalisme a un grand potentiel. L'objectif
de Sara Horowitz va pourtant au-delà. Elle souhaite offrir un filet
de sécurité pour la mobilité professionnelle, qui
offre des garanties de protection lorsqu'un individu passe d'un emploi
à un autre.
Le
Freelancers Union fait du lobbying auprès du Congrès américain
pour défendre ses membres, et soutient notamment une loi donnant
aux travailleurs indépendants le droit à l'assurance chômage.
Il se démarque pourtant du syndicalisme traditionnel en refusant
la confrontation avec les entreprises. Certains travailleurs indépendants
souhaiteraient pourtant voir leur syndicat intervenir activement auprès
des employeurs, sur les questions de salaires, d'horaires et de conditions
de travail. Cette aide syndicale serait d'autant plus utile qu'aux Etats-Unis,
la régulation du monde du travail se fait largement sur des bases
contractuelles.
Les
syndicats traditionnels sont très intéressés par
l'évolution du Freelancers Union, et ils y cherchent peut-être
le moyen de faire augmenter leurs adhésions, et d'organiser les
travailleurs non-syndiqués. Ce nouveau syndicalisme, à la
fois groupe de pression, mutuelle de travailleurs, et réseau professionnel,
est un outil supplémentaire de démocratie sociale dans un
monde du travail qui change rapidement. Il pourrait être une des
clés d'un nouveau syndicalisme de masse.
Allemagne
Faisons
confiance à la jeunesse
Par Huguette Meixner, Secrétaire de la section de Berlin
Lors des dernières élections municipales de Berlin de septembre
2006, le SPD berlinois a rabaissé l´âge électoral
de 18 ans à 16 ans pour inviter les jeunes à s´impliquer
davantage dans la vie politique, à co-décider de notre démocratie
et leur donner ainsi un sentiment de droit et de devoir dans notre société,
car donner des droits, c'est aussi responsabiliser.
Ce vote permet aux jeunes par exemple d´influer sur l´aménagement
de leur quartier, qu´il s´agisse de pistes cyclables, d´aménagement
d´espaces verts, d´aires de baskets ou de skateboard, ou de
l´organisation de leurs loisirs. Les jeunes ne subissent plus ainsi
la politique des adultes mais en deviennent les acteurs.
Lors des dernières élections municipales un changement de
la constitution du Land de Berlin a été décidé
par les Berlinois leur permettant ainsi par le biais d´un rassemblement
de 20 000 signatures en quatre mois d´obliger le Parlement Régional
du Land de Berlin (on vit ici dans un Etat fédéral) de s´occuper
d´un thème qui les préoccupe particulièrement
(Volksinitiativen) et là aussi l´âge électoral
pour participer aux initiatives populaires a été rabaissé
de 18 ans à 16 ans.
Ici à Berlin, on part du principe que les jeunes d´aujourd´hui
sont bien plus " mûrs " que ne l'étaient leurs
parents à leur âge et qu'ils sont à même d´influencer
la politique. On s´éloigne d'une politique faite par les
adultes pour les jeunes pour une politique faite par ces jeunes. Ce sont
eux ainsi les co-décideurs.
La visée pédagogique de l'abaissement de l'âge électoral
se reflète dans une mesure corollaire introduite récemment
dans le système scolaire berlinois : un
" enseignement des valeurs " a été introduit à
l´école par le Land de Berlin, enseignement dispensant les
valeurs d´une vie commune pacifique sur un fond de religions différentes,
de démocratie, de refus de la violence, de tolérance, d´égalité
des droits etc.
Cette politique visant à une meilleure intégration par la
responsabilisation dans la société vise non seulement les
jeunes, mais aussi les personnes âgées. Ici en Allemagne
on a compris que les générations sont interdépendantes
et la loi sur la participation des personnes âgées (Seniorenmitwirkungsgesetz)
renforce de son côté les activités des personnes âgées
dans la ville que ce soit sur le plan social, culturel ou politique, ceci
pour pouvoir mieux vivre ensemble.
Si ces mesures sont prometteuses, il est encore trop tôt pour en
juger des effets. Mais peut- être ces initiatives berlinoises qui
témoignent d'une volonté d'aborder de manière intégrée
la question du mieux vivre en société peuvent-elles servir
de source d'inspiration pour notre candidate Ségolène Royal
" la candidate pour agir ensemble. "
Suède
LE MODÈLE SUÉDOIS, UN MODÈLE AVANT TOUT DÉMOCRATIQUE
Par Peter Erhardy, Secrétaire de la Section de Suède. Cet
article a été approuvé en réunion de Section
par les membres présents.
Pour nous, membres de la Section de Suède, le modèle suédois
est beaucoup plus que la réussite de certaines réformes
(retraites, formation continue, etc.) mises en place par les différents
gouvernements sociaux-démocrates.
Avant tout, c'est un processus de réformes, transparent, profondément
démocratique et naturellement long, avec un constant va-et-vient
entre les citoyens, l'administration, les partenaires sociaux, les hommes
et femmes politiques, et cela à tout niveau et secteur, public
et privé. Les débats participatifs, tels qu'ils sont organisés
actuellement dans le cadre de la campagne électorale du PS, sont
une constante de la réalité sociale et politique suédoise.
Ainsi, cela a pris plus de quinze ans pour réformer le système
des retraites, qui est maintenant une référence mondiale.
De longues discussions avec les militants ont permis de définir
un cadre stratégique. La discussion s'est ensuite poursuivie dans
le pays. Une réforme soutenue par une très large majorité
a été finalement votée par la plupart des partis
politiques.
C'est cela le consensus suédois, les réformes - cerises
sur le gâteau - venant au terme d'un processus démocratique.
Bien entendu, le Parti social-démocrate (SAP), enraciné
dans la société suédoise, bénéficie
d'un très fort militantisme doublé d'un lien structurel
étroit avec un syndicalisme puissant et représentatif. Aussi,
à toute réunion du SAP, les militants de base n'hésitent
pas à critiquer points par points, sans déférence
aucune, les reformes proposés par leurs élus.
Alors qu'il peut se glorifier de réussites économiques incontestables,
le SAP a échoué de peu aux dernières élections
de 2006. Il a payé le prix fort de l'usure du pouvoir. Mona Sahlin
qui a été dernièrement élue à sa tête
- les militants ayant clairement exprimé leur souhait d'être
conduits pour la première fois par une femme - n'a cependant pas
caché les échecs du SAP notamment en terme de lutte contre
le chômage et de stratégie vis-à-vis des petites entreprises.
Elle a indiqué cette semaine qu'une consultation étroite
avec les militants allait être la priorité du SAP afin de
définir des nouveaux axes de reforme. Il s'agit pour le SAP de
se préparer aux élections de 2010 en renouvelant sa stratégie.
Tout n'est pas "rose" dans la société suédoise.
Mais l'approche démocratique, avec la participation du plus grande
nombre dans le processus décisionnel, est d'une efficacité
manifeste. Ainsi, il n'y a rien de surprenant à ce que différents
indicateurs internationaux de développement placent la Suède
dans le peloton de tête de tous les pays.
C'est cela le modèle suédois, un processus de réforme
démocratique, efficace, facilement transposable ailleurs, alors
que les réformes proprement dites sont plus l'expression d'une
situation politique et sociale spécifique.
Espagne
Bilan
du gouvernement Zapatero, 2004-2007
Contribution de la section de Madrid, Espagne (14 novembre 2007)
Le gouvernement Zapatero,
après sa victoire aux élections de mars 2004, a décidé
d'appliquer à la lettre un programme social extrêmement ambitieux,
qui cherchait à compenser les lacunes des années Aznar,
caractérisées par une croissance forte mais extrêmement
inégalitaire, la persistance d'un chômage élevé
et un recours de plus en plus fréquent à des contrats précaires.
Le gouvernement socialiste a donc cherché à maintenir le
rythme de croissance, conscient que celle-ci lui permettrait de dégager
les excédents budgétaires nécessaires au financement
de son projet social.
La question du chômage,
de la précarité et des conditions de travail a été
l'un des premiers dossiers traités par le gouvernement socialiste
espagnol. L'Espagne, qui comptait dans les années 90 un des taux
de chômage les plus élevés de l'Union Européenne,
est passée de 11,06% à 7,95% de chômage entre le 1er
trimestre 2004 et le 2ème trimestre 2007. Le taux d'emploi est
désormais de 65,1%, soit au-dessus de la moyenne européenne
(64,9%).
Mais ce bilan n'est pas seulement positif en nombre d'emplois, il l'est
aussi en termes de réduction de la précarité: au
cours de cette législature, plus de six millions de CDI ont été
signés, et le nombre de travailleurs en CDI est désormais
de plus de 11 millions (contre 9 millions en 2004). Ce progrès
important a été rendu possible par des accords signés
avec le patronat et les syndicats, sous l'égide du gouvernement
Zapatero, visant à réduire le recours à l'intérim
et aux contrats à durée déterminée. 3 millions
d'emplois (chiffre net) ont été créés. Le
pourcentage de chômeurs de longue durée est passé
de près de 36% à moins de 25% (moyenne de l'UE : 43%). Le
taux de chômage des femmes et des jeunes a beaucoup baissé
également.
Il y a évidemment
d'autres réussites à citer, par exemple une baisse importante
des accidents du travail, grâce à des campagnes très
largement diffusées auprès des entreprises comme des employés
sur la sécurité au travail, et une réduction du nombre
de jours de grève grâce à une gestion en amont des
conflits. Le salaire minimum a aussi augmenté fortement (de 451
à 600 euros). Les travailleurs indépendants ont vu leur
régime de protection sociale aligné sur celui des autres
catégories de travailleurs. Plus de trois quarts des chômeurs
reçoivent une indemnité, contre moins des deux tiers en
2004.
Dans le même
temps, et afin de réduire les inégalités économiques,
les ménages à plus bas revenus (retraités comme salariés)
ont été exemptés d'impôt sur le revenu. Les
retraites minimales ont augmenté deux fois plus rapidement que
l'inflation, pour trois millions de retraités pauvres qui étaient
dans une situation très précaire. Et tout cela avec un excédent
budgétaire et une croissance de plus de 3% en 2007.
Les avancées
sociales ont été très nombreuses, conformément
au programme électoral socialiste, qui a été appliqué
intégralement par le gouvernement, ce qui est un première
en Europe, à gauche comme à droite.
Nous nous contentons de relever quelques unes de ces avancées :
- augmentation du
nombre de places en crèche ;
- augmentation du
nombre de bourses d'études ;
- aide aux personnes
dépendantes âgées ou handicapées, qui bénéficie
déjà à 200.000 personnes, avec un objectif de 1.200.000
pour 2015, et 300.000 emplois directs devraient être créés
grâce à cette aide ;
- fin de la libéralisation
totale des terrains constructibles, qui a permis de ramener l'augmentation
des prix du logement de près de 20 à 5% (certes la hausse
des taux d'intérêt joue aussi un rôle) en une législature,
et qui réserve 30% des terrains à construire aux logements
sociaux, pour permettre une urbanisation un peu moins galopante qu'il
y a quelques années ;
- régularisation
de 700.000 étrangers en situation irrégulière,
mais qui pouvaient prouver qu'ils étaient depuis plus d'un an
sur le sol espagnol et avaient un contrat de travail. Au-delà
de l'amélioration des conditions de vie des étrangers
concernés et de leur famille, cette mesure a aussi contribué
à la réduction de l'économie souterraine - toujours
importante en Espagne - et à l'augmentation des recettes de la
Sécurité sociale sous forme de cotisations salariales
et patronales
- engagement fort
contre le réchauffement global, qui a permis de réduire
pour la première fois en 30 ans l'intensité énergétique
- consommation d'énergie/PIB - et ce malgré une croissance
forte.
Enfin, des mesures
sociétales à la symbolique forte ont été prises
: mariage homosexuel, congé de paternité, parité
(particulièrement observable au gouvernement), suppression de la
religion comme matière obligatoire, remplacée par l'éducation
civique, lutte contre la violence conjugale, entre autres. Elles ont été
si largement commentées qu'il n'est sans doute pas nécessaire
de les détailler. Il est d'ailleurs parfois regrettable que l'on
ne relève du gouvernement Zapatero que ces mesures médiatiques
et l'on oublie - volontairement ou non - les nombreuses réussites
sociales et économiques des quatre dernières années,
dont nous espérons que le Parti socialiste saura s'inspirer pour
sa rénovation.
Changer la société,
changer la politique
Par Valérie Parra, Secrétaire de la Section PS de Madrid
Le 14 mars 2004, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) gagne les
élections et José Luis Rodriguez Zapatero se place à
la tête du premier gouvernement paritaire de l'Histoire en Espagne,
en nommant également une femme Vice-présidente.
Les circonstances de cette victoire, encore aujourd'hui contestées
par la droite réactionnaire espagnole, se placent au lendemain
de l'attentat du 11 mars, des mensonges antérieurs du Président
Aznar et de quatre années de gouvernement absolutiste du Parti
Populaire qui avait multiplié les désaccords avec le peuple
espagnol (armée espagnole en Irak, désastre du Prestige,
etc.).
Mensonges soutenus par Nicolas Sarkozy lors de sa venue à Madrid
à une convention du PP en 2006: " l'histoire te rendra ta
place", visite au cours de laquelle ses relations personnelles et
idéologiques avec le Parti Populaire, se sont manifestées
au grand jour.
C'est peut-être dû à ces circonstances que José
Luis R. Zapatero décide de tenir toutes ses promesses électorales
sans tarder : il retire les troupes espagnoles d'Irak et met à
exécution l'application du programme électoral du PSOE.
Ce fait est plutôt rare en politique, d'autant plus difficile dans
un pays où l'organisation territoriale rend plus compliquée
la mise en place de mesures d'ordre social et éducatif, entre autres.
En effet, l'État a transféré depuis l'avènement
de la démocratie chaque fois plus de compétences aux régions,
qui sont des communautés autonomes.
Depuis 2004, l'économie croît à un rythme très
élevé. En 2006 le PIB augmente de 3,8%, les administrations
publiques ont un excédent de 1,4%, alors que la prévision
était de 0,9%, 700.000 nouveaux emplois ont été créés
(1.800.000 emplois depuis le début du mandat), après 12
accords différents avec les partenaires sociaux, particulièrement
celui de la réforme du marché du travail qui réduit
la précarité de l'emploi.
La croissance économique n'est pas incompatible avec la politique
sociale et c'est là le pari le plus réussi du Gouvernement
espagnol, qui a mis en place de nombreuses mesures pour construire une
société plus solidaire et intégratrice. Les pensions
et retraites ont fortement augmenté, le salaire minimum aussi et
le 1er janvier 2007, est entrée en vigueur la Loi sur la Dépendance
(loi qui garantit l'attention, les soins et l'assistance à toutes
les personnes dépendantes).
Quant aux mesures familiales c'est certainement cela qui paraît
le plus audacieux dans l'application de ce programme électoral.
Les personnes du même sexe peuvent désormais se marier en
Espagne. Le code civil a donc été modifié dans ce
sens, avec la reconnaissance des droits et devoirs que le contrat de mariage
civil attribue aux autres couples. La loi sur le divorce a été
également modifiée pour alléger les procédures
et rendre plus efficace la coresponsabilité entre hommes et femmes
sur l'éducation de leurs enfants. Et l'on a reconnu des droits
et prestations aux personnes en concubinage. Le Gouvernement espagnol
s'emploie à ce que tous les modèles de familles existant
dans la société actuelle jouissent des mêmes droits.
L'immigration a désormais un nouveau traitement, suite à
une régularisation de 600.000 personnes qui travaillaient en situation
illégale. La loi règle la présence des immigrés
en fonction du marché du travail, dans le but qu'ils aient les
mêmes droits et devoirs que n'importe quel travailleur espagnol,
et un Plan d'Intégration et de Citoyenneté est actuellement
mis en place. L'immigration est bénéfique à la croissance
du pays. Elle favorise son renouveau démographique. Elle a soutenu
le secteur de la construction (fondamental dans l'économie espagnole).
Elle participe à l'amélioration de la pyramide des âges
pour le régime des retraites, et au développement du secteur
des services, entre autres.
L'Espagne est également le seul pays qui ait une Loi intégrale
contre la violence faite aux femmes, cette loi a été votée
à l'unanimité. Ont été créés
des tribunaux spécifiques pour combattre ce fléau, encore
bien présent dans nos sociétés, ainsi qu'une Délégation
Spéciale du Gouvernement et plus de 500 millions d'euros ont été
attribués de façon transversale à 7 ministères.
Le Parlement débat actuellement une Loi sur l'égalité
entre hommes et femmes qui renforcera les droits sociaux, la conciliation
de la vie familiale et professionnelle et fixera des règles sur
la présence des femmes dans la société, y compris
dans les conseils d'administration des grandes entreprises.
Aujourd'hui, à un peu plus d'un an de la fin du mandat, environ
80% du programme électoral est déjà réalisé.
C'est certainement une première qu'un parti politique applique
dans sa totalité son programme électoral, c'est aussi une
première qu'il donne sa place aux femmes
Puisque c'est faisable, faisons-le aussi en France avec courage, audace,
modernité, parions fortement sur la victoire de notre " Zapatera
" pour améliorer la vie quotidienne des tous les citoyens,
particulièrement des plus faibles.
C'est cela le sens du socialisme.
Royaume
Uni
1997-2007 : quel bilan pour Tony Blair
?
Par valérie Rabault, membre du BF, en charge des questions économiques
On
partait de loin en 1997 car 18 années de gouvernement conservateur
avaient scindé la société en deux : les gagnants
et les perdants. Les sacrifiés des années Thatcher étaient
tout d'abord les enfants pauvres dont le nombre avait triplé entre
1979 et 1997 : ils étaient désormais 4 millions, ce qui
représentait 1 enfant sur 3. Ces sacrifiés étaient
aussi les 160 000 malades, qui n'ayant pas les moyens de consulter dans
le privé, avaient dû patienter jusqu'à 8 mois pour
décrocher un rendez-vous avec un chirurgien et subir l'intervention
qui leur était nécessaire. Enfin, l'état des services
publics était catastrophique, victime d'un sous investissement
chronique et du recul des emplois publics à hauteur de 150 000
par an en moyenne entre 1983 et 1997.
La tâche s'annonçait donc complexe pour le gouvernement Blair
élu en mai 1997, d'autant plus complexe que la marge budgétaire
semblait réduite puisque la dette avait atteint son record historique
en 1997 (certes bien en deçà des 67% de PIB que représente
l'actuelle dette française).
Priorité des priorités pour Tony Blair : les enfants pauvres.
Sa première mesure est le Working Family Tax credit, dispositif
fiscal et social destiné aux familles modestes avec enfant dont
au moins un membre travaille 16 heures par semaine, assorti de deux programmes
visant à aider les familles dans la garde des enfants. Les premiers
résultats sont là puisque le taux d'enfants pauvres a baissé,
passant de 33% à 25% en 2005, taux qui reste toutefois intolérable
pour un pays riche tel que le Royaume-Uni.
Deuxième axe de la politique de Tony Blair : les services publics
et tout d'abord l'emploi public. Depuis 1997, ce sont près 900
000 emplois publics qui ont été créés. Sur
la période 1997-2007, le budget de l'éducation a quasiment
doublé, s'accompagnant là aussi de progrès significatifs
: ainsi la part des enfants de 11 ans maîtrisant les connaissances
de base est passée de 55% à 75%.
Point noir des années Thatcher : le système public de santé.
"In my contract with the people of Britain I promised that we would
rebuild the NHS" (" dans mon contrat avec le peuple britannique,
je me suis engagé à reconstruire le système de santé
", Tony Blair). Les moyens budgétaires alloués ont
quasiment doublé sur la période, ce qui s'est heureusement
ressenti dans le service procuré aux usagers : ainsi, les files
d'attente dans les hôpitaux publics se sont sensiblement réduites,
et le nombre de malades devant attendre 8 mois pour une opération
est passé de 160 000 à 60 000. Une étude récente
révélait que " seuls " 12% des patients n'obtenaient
pas un rendez-vous avec leur généraliste (service public)
dans les deux jours contre plus de 50% en 1997.
Ces avancées, aussi positives soient-elles, ne doivent pas masquer
les difficultés à sortir de l'impasse thatchérienne.
Faute de révision radicale des politiques des conservateurs, principalement
dans le domaine des transports ou de l'énergie, peu de progrès
ont été enregistrés : par exemple, les tarifs de
gaz aux particuliers de l'opérateur historique, privatisé
en 1986, ont augmenté de 90% depuis 2003.
Autriche
30
ans de social-démocratie à l'uvre
Par Pierre Avédikian, secrétaire de la section de Vienne.
De 1970 à 2000, la social-démocratie autrichienne a été
sans interruption au pouvoir, seule au cours de l'ère Kreisky dans
les années 70, puis en coalition. L'ère Kreisky durant laquelle
le parti socialiste (SPÖ) a obtenu la majorité absolue trois
fois de suite en 1971, 1974 et 1979 a été indubitablement
le socle sur lequel la social-démocratie autrichienne a bâti
son succès. Dès 1971, un grand programme de modernisation
du pays a été élaboré et mis en oeuvre en
donnant la priorité à l'éducation, à la refonte
du système de santé et aux réformes institutionnelles.
De grands investissements en matière énergétique
ont été réalisés, même si les citoyens
ont rejeté par referendum le recours à l'énergie
nucléaire arrêtant la construction de la centrale de Zwettendorf,
acte de naissance d'une conscience écologique forte dans le pays.
En matière de politique extérieure, Bruno Kreisky a donné
une importance toute particulière à la politique proche-orientale
et arabe de l'Autriche. En 1979, Vienne est devenu également l'un
des sièges de l'ONU puis de l'OPEP, renforçant ainsi le
positionnement international de la capitale autrichienne.
C'est en 1995, sous le gouvernement de Franz Vranitzky, que l'Autriche
a rejoint l'Union européenne. Approuvée par près
de 65% de la population, cette intégration s'est faite sans grande
difficulté malgré une conjoncture économique délicate.
Néanmoins, l'ouverture des frontières à l'Est et
la situation extrêmement tendue dans l'ex-Yougoslavie ont fait le
lit du parti populiste (FPÖ) dirigé par Jörg Haider,
qui a obtenu 27% des suffrages en octobre 1999. En 2000, l'alliance entre
le parti conservateur (ÖVP) du chancelier Wolfgang Schüssel
et le FPÖ a donc rejeté le SPÖ dans l'opposition pour
un certain temps, ce à quoi il n'était guère habitué.
Pourtant, après des succès électoraux au niveau régional,
le SPÖ a remporté les élections d'octobre 2006. Le
11 janvier dernier, le gouvernement du chancelier Alfred Gusenbauer est
entré en fonction. Ce gouvernement de coalition avec l'ÖVP
a connu une mise en route chahutée. De nombreux socialistes autrichiens,
en particulier les jeunes, ont eu l'impression de sortir perdants de la
négociation avec le parti conservateur, tant pour la répartition
des portefeuilles ministériels que du fait de l'abandon dans le
programme de gouvernement de promesses électorales importantes,
en particulier la supression des frais d'inscription universitaire et
le renoncement à l'achat d'une flotte d'avions de chasse à
EADS. S'inscrire dans cette longue tradition sociale de la gauche autrichienne
est une tâche qui s'annonce donc des plus ardues pour Alfred Gusenbauer.
Belgique
Les
réalisations de la gauche en Belgique
Rodolphe Duterme, section de Bruxelles
En
Belgique, les socialistes sont au pouvoir depuis 1988, au sein de coalition
avec les démocrates-chrétiens, ou les libéraux, comme
c'est le cas depuis 1999. Ces coalitions s'expliquent par le fait que
le système électoral belge est la proportionnelle et que
la complexité du pays rend impossible pour un parti de détenir
la majorité dans ce pays.
Un
des principaux succès de la gauche est, sans nul doute, le système
de sécurité sociale et plus particulièrement le système
d'assurance maladie. La Belgique dispose d'un excellent système
de santé, une infrastructure hospitalière remarquable, bien
dotée en équipement, efficace. Il s'agit d'une infrastructure
mixte (hôpitaux publics et privés). La couverture médicale
est aussi très bonne et bénéficie à tous.
La quote-part, prise en charge annuellement par les patients est plafonnée
pour éviter que les patients souffrant de pathologies lourdes soient
précarisés. Et enfin, le système d'assurance maladie
assurant une couverture tout à fait correcte est en équilibre
depuis de nombreuses années.
Ce
résultat a pu être obtenu par une responsabilisation de tous
les acteurs de la santé : patients, médecins, gestionnaires
d'hôpitaux, mutuelles et industrie pharmaceutique
et grâce à une structure de concertation pilotant le système
d'assurance maladie. Cette structure rassemble les représentants
du patronat et des syndicats car ce sont les cotisations sociales dont
l'assiette repose sur les revenus du travail qui assurent le financement
de l'assurance maladie. Elle réunit également les représentants
des médecins et des mutuelles. Il est important de noter qu'en
Belgique, on a totalement accepté que les dépenses de santé
sont destinées à croître, compte tenu des progrès
de la médecine et du vieillissement de la population. En revanche,
cette croissance des dépenses de santé est maîtrisée.
La structure de concertation se réunit pour proposer au gouvernement
une norme annuelle de progression des dépenses de santé
(hors inflation) et un projet de budget et des propositions sur les montants
des honoraires médicaux et des normes de remboursement. Cette norme
et ce budget doivent, in fine, être validés par le gouvernement.
Au delà de ces principes, des mesures structurelles ont été
prises pour maîtriser la croissance des dépenses de santé,
sans aucun esprit de rationnement. Ainsi en ce qui concerne les postes
de dépenses relatives à la biologie clinique et à
l'imagerie médicale, on privilégie la rémunération
au forfait plutôt qu'à l'acte. Les enveloppes budgétaires
afférentes à ces dépenses sont négociées
avec les professionnels de ces professions et engagent l'ensemble de ces
praticiens. Les dépenses de médicaments constituent aussi
un poste important. Le budget annuel est aussi déterminé
par concertation entre le conseil de la santé (structure pilotant
l'assurance maladie) et les représentants de l'industrie pharmaceutique.
Dans un souci de responsabilisation, un dépassement de l'enveloppe
négociée serait pris en charge par l'industrie pharmaceutique.
Ainsi
par ce système de responsabilisation, de large concertation, par
l'acceptation de la nécessité d'une croissance maîtrisée
des dépenses de santé, on a maintenu en Belgique un système
de santé efficace et de qualité, budgétairement en
équilibre. C'est une belle réussite de la gauche en Belgique
!
Australie
Impressions d'Australie
un mois après la victoire travailliste
Un mois passé
depuis les dernières élections fédérales et
l'Australie semble avoir rapidement tourné la page de onze années
et demie de pouvoir libéral et conservateur.
Il est vrai que le
mois de décembre, appelé ici Silly Season - la saison folle-
est habituellement prétexte à célébrations
en avance de Noël, fêtes d'entreprise, barbecues en famille
ou entre amis. En cette fin d'année 2007 un peu particulière,
c'est peut-être tout simplement le signe de la confiance que les
Australiens accordent à leur nouveau dirigeant travailliste.
Depuis son triomphe
électoral du 24 novembre et avant que le pays ne sombre dans la
torpeur estivale, Kevin Rudd n'a pas manqué d'apporter les preuves
que lui-même et son équipe étaient prêts à
mettre en uvre le programme qui leur a valu d'accéder aux
responsabilités.
Dès le 3 décembre,
le nouveau chef de gouvernement annonçait la ratification du protocole
de Kyoto sur les changements climatiques. Intervenant quelques heures
après sa nomination officielle en tant que 26ème premier
ministre et alors que s'ouvrait la conférence de l'ONU à
Bali, cette annonce se voulait un geste fort et symbolique. Est-ce en
tant qu'ancien diplomate - parlant couramment le Mandarin et spécialiste
de la Chine- que Kevin Rudd tenait à repositionner l'Australie
sur la scène internationale et au cur des questions environnementales,
tout en se démarquant des Etats-Unis? Sans doute, mais il s'agissait
aussi d'un message clair, destiné au peuple australien. Neuf jours
après voir mené a la victoire son parti, l'ALP - Australian
Labor Party-et remporté brillamment plus de 53% des suffrages,
il ne pouvait pas laisser passer cette occasion d'honorer une promesse
de campagne.
Le scepticisme vis-à-vis
du réchauffement de la planète et la ferme opposition au
protocole de Kyoto de son prédécesseur ont, entre autres
raisons, joué en faveur de Kevin Rudd.
L'ancien premier ministre John Howard, à l'âge de soixante-huit
ans, s'est retrouvé poussé à une retraite forcée
de manière d'autant plus humiliante qu'il a aussi perdu le siège
de député qu'il détenait depuis 33 ans, au profit
d'une ancienne journaliste, novice en politique et nouvelle recrue travailliste.
John Howard partait
à la bataille pour un quatrième mandat, fort de ses résultats
sur le plan économique, un faible taux de chômage et promettant
de nouvelles baisses d'impôt. Il allait surtout devoir recentrer
sa campagne sur la justification d'une nouvelle législation, Work
Choices - Les choix du travail -. Cette réforme des conditions
d'emploi, bien accueillie par les milieux patronaux, avait entrainé
plusieurs mouvements sociaux depuis son entrée en vigueur.
Dans une interview au Sydney Morning Herald publiée le 1er décembre
dernier, Tim Gartrell, secrétaire national de l'ALP et directeur
de campagne, revenait sur les raisons d'un succès. Pour lui, la
perte de confiance de l'opinion publique envers le gouvernement sortant
ne faisait que s'accentuer au fil des mois. Il reconnait avoir rebondi
stratégiquement lorsqu'en mars, John Howard, affirmait avec vigueur:
" Les ménages australiens n'ont jamais aussi prospères
que sous ce gouvernement ". Selon Tim Gartrell, une telle déclaration
- un an après la mise en place de Work Choices et alors que le
sentiment d'insécurité sur le marché de l'emploi
devenait grandissant démontrait combien John Howard n'était
plus en phase avec son pays.
Dans ce contexte,
Kevin Rudd, 50 ans, se voulait l'homme du renouveau, face à un
John Howard, figure du passé.
A la tête du
parti travailliste depuis seulement fin 2006, le nouveau leader de la
gauche australienne et sa plate-forme " Pour un nouveau leadership
et un projet de long terme pour l'avenir " devenaient une alternative
crédible.
S'adressant au National
Press Club à Canberra le 4 décembre et analysant les résultats
post électoraux, Tim Gartrell encore, comparait la victoire travailliste
à " une vague qui avait balayé toutes les couches sociodémographiques
qu'il s'agisse des moins de 30 ans, des plus de 60 ans
des ouvriers
ou des diplômés universitaires, des mères au foyer
ou des familles dont les deux parents travaillent " et ce, dans les
grands centres urbains comme dans les régions reculées d'Australie.
Sur le plan économique,
Wayne Swan, le nouveau Treasurer, ministre du budget, hérite d'une
situation financière que beaucoup de pays industrialisés
pourraient envier.
Le 14 décembre,
lors de sa première intervention depuis sa nomination et devant
un parterre de 400 chefs d'entreprise, il prévenait toutefois que
l'inflation au cours des 18 prochains mois allait poser un risque à
la poursuite de la croissance australienne. Jouant la prudence, tout comme
son chef de gouvernement qui se présentait au cours de la campagne
comme un " conservateur en matière économique ",
et tout en reprochant au gouvernement précédent de n'avoir
pas su investir en période de boom et d'être responsable
du déficit en matière de compétences et d'infrastructures,
il a promis une nouvelle période de discipline fiscale et d'économies
budgétaires.
La pression sur les taux d'intérêt sera un enjeu majeur de
la nouvelle législature.
Dans un pays ou le
suivi du marché immobilier s'apparente à un sport national,
où 70% des ménages sont accédants à la propriété,
le sujet des taux d'intérêt a toujours été
déterminant en période électorale. John Howard, lors
de sa réélection en 2004, s'était engagé à
contenir ces taux. Trois ans et six hausses plus tard, et alors que de
plus en plus de familles se retrouvent surendettées et dépossédées
de leur logement, une partie du vote habituellement conservateur ne s'est
manifestement pas reconnue dans ce credo.
L'abrogation de Work
Choices démarrera dès la reprise de la session parlementaire
de février a prévenu Kevin Rudd. Il s'agira de rétablir
progressivement fairness in the workplace -l'équité sur
le marché du travail-, comme le clamait un slogan de campagne et
de revenir sur le démantèlement d'acquis sociaux, objet
de la réforme libérale combattue par les salariés,
les organisations syndicales et l'opposition d'alors.
Le nouveau gouvernement
Rudd a été clairement mandaté pour rétablir
des règles en matière de salaire minimum, payement d'heures
supplémentaires, congés payés, conditions de licenciement
ou exercice du droit syndical.
L'autre engagement
fort des travaillistes concerne l'éducation. Sous le thème
d'une véritable " révolution pour l'éducation
", le nouveau gouvernement s'est engagé à investir
1 milliard de dollars (environ 603 millions d'euros) en quatre années,
pour que " chaque établissement secondaire devienne une école
digitale ", permettant à chaque élève de la
sixième à la terminale d'avoir accès à un
ordinateur. Beaucoup reste à faire également dans le secteur
de la petite enfance. Dans ses documents de campagne, Kevin Rudd déplorait
le retard pris par son pays, avec un investissement dans l'éducation
des plus petits qui ne représente qu'un cinquième de la
moyenne constatée au sein de l'OCDE.
Symbolique de ces
priorités, emploi et éducation, Kevin Rudd a confié
la responsabilité de ces deux portefeuilles à sa vice-premier
ministre Julia Gillard. C'est une première dans l'histoire australienne
que de voir une femme à ce poste : elle occupe de fait la position
de Premier Ministre lorsque celui-ci est en voyage officiel à l'étranger,
comme ce fut le cas lors du déplacement de la délégation
australienne à Bali.
A l'issue de la conférence
de Bali, la presse locale a beaucoup commenté sur le rôle
majeur qu'a pu jouer l'Australie dans la signature à l'arraché
d'un accord. Les talents de négociatrice de la nouvelle ministre
Penny Wong sont parait-il à mettre au crédit du résultat
final. La création du ministère pour les changements climatiques
et l'eau dont elle a la charge, directement rattaché au premier
ministre, marque l'urgence qu'il y avait pour l'Australie de se mettre
au diapason de la communauté internationale mais aussi de traiter
le problème particulier du pays, en proie a une sécheresse
endémique et à des problèmes d'approvisionnement
en eau.
L'écologie
relève aussi d'un second ministère celui pour l'environnement,
le patrimoine et les arts, attribué à Peter Garrett. Ancien
activiste " vert ", député d'une circonscription
de l'est de Sydney depuis 2004 lorsqu'il avait rejoint le Labor, Peter
Garrett s'était illustré en 2000, lors de la cérémonie
de clôture des Jeux Olympiques.
Arborant un tee-shirt
noir marqué en lettres blanches d'un énorme SORRY, il se
produisait alors avec son groupe Midnight Oil. Retransmise par les télévisions
du monde entier, l'image pouvait passer anodine auprès du public
international. Pour l'auditoire australien, le message était volontairement
provocateur. John Howard s'était toujours refusé à
présenter des excuses au nom de son pays, dans un processus de
réconciliation avec le peuple aborigène.
Kevin Rudd, sur le
chemin du retour de Bali, s'est arrêté à Darwin, dans
les territoires du Nord où vit la majorité de communautés
aborigènes. Au cours d'une rencontre avec 25 leaders, le premier
ministre a confirmé que son gouvernement travaillait sur la formulation
des excuses qui seront présentées au peuple aborigène,
en reconnaissance des erreurs du passé, vis-à-vis notamment
des Stolen Generations -générations d'enfants volés
à leur famille pour être élevés par les Blancs.
Il a aussi promis que le conseil des ministres se déplacerait dans
une communauté aborigène dès le premier semestre
de l'an prochain. Comme le commentait une éditorialiste, "
Il est inimaginable qu'un gouvernement Howard, même après
que John Howard ait juste commencé à parler de 'réconciliation'
avant les élections, se soit jamais réuni dans une communauté
aborigène " (Michelle Grattan, Sun Herald, 16 décembre
2007).
La réunion
du conseil des gouvernements australiens du 20 décembre 2007 marquera
également l'histoire de la fédération. Pour la première
fois, tous les chefs de gouvernement, fédéral, d'états
et de territoires, appartiennent au Labor. Tournant la page, selon ses
propres mots, d'une période de game blame -" jeu " où
chacun se rejette la responsabilité- pour Kevin Rudd s'ouvre une
nouvelle ère de coopération et d'efficacité, avec
des actions prioritaires pour la santé, l'éducation ou encore
l'aide aux aborigènes.
Malgré un agenda
chargé depuis sa prise de fonction, Kevin Rudd a pris le temps
d'une visite surprise à Bagdad. Lors de sa rencontre avec son homologue
irakien il a confirmé - autre promesse de campagne- que son pays
allait rapatrier une partie de ses troupes d'ici à juin 2008. L'Australie
de John Howard avait été l'un des premiers pays à
s'engager militairement en Irak, dès 2003, auprès de son
allié américain.
Le 3 décembre
2007, lorsque Kevin Rudd prêtait serment devant le Gouverneur Général
- le représentant d'Elizabeth II en Australie-, les télévisions
et la presse se sont longuement arrêtées sur l'image d'un
homme ému, tenant une bible d'une main quelque peu tremblante.
Peu de commentateurs ont relevé que dans son serment, le premier
ministre avait omis toute référence à la monarque
britannique, constitutionnellement le chef d'état de l'Australie.
Pourtant cette version républicaine de la prise de serment adoptée
par Kevin Rudd (ainsi que par l'ensemble de ses ministres) est remarquable.
Etrangement absent de la récente campagne électorale, le
débat sur la république - rejetée en 1999 par référendum-
devrait être relancé sous un gouvernement travailliste. Un
des rares éditorialistes à l'avoir noté, écrivait
aux lendemains de la prise de fonction officielle de Kevin Rudd : "
Le sentiment républicain demeure très fort en Australie
Ce
serait un signe de notre maturité grandissante en tant que nation
que de remettre la question à l'ordre du jour du débat public
" (Jack Waterford, The Canberra Times, 5 décembre 2007).
Marylène Naviner
Sydney- décembre 2007
Article
d'analyse postélectoral des élections générales
2008 en Espagne :
Comme dit la presse
française : "Viva Zapatero!"
En remportant 169
députés au Congrès, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol
(PSOE) de José Luis Rodríguez Zapatero n'a pas atteint l'objectif
inavoué de la majorité absolue, mais s'est assuré
une majorité suffisante lui permettant de gouverner avec plus d'aisance
qu'au cours de la législature précédente. Gagnant
5 sièges par rapport à 2004, et bien que le Parti Populaire
gagne également des sièges, le PSOE est assurément
le grand vainqueur de ces élections générales.
Le PP aura beau arguer
que lui aussi progresse en sièges et en nombre de votes, il n'en
reste pas moins que cette élection est une seconde et sévère
défaite pour Mariano Rajoy. Le Parti Populaire, obsédé
par la volonté de récupérer un pouvoir qu'il considérait
volé, a voué ces quatre dernières années à
attaquer sans cesse le gouvernement faisant feu de tout bois, utilisant
le terrorisme, la situation économique ou la menace de l'immigration
et s'appuyant pour cela sur l'Église, les milieux et les médias
les plus réactionnaires: il n'a pas réussi son pari de "renverser"
le gouvernement socialiste. Cette défaite, résultat de l'absence
de projet, du manque de crédibilité politique de ses dirigeants
et surtout de l'échec de sa stratégie de crispation nationale,
oblige le PP à une réforme en profondeur. L'annonce de la
tenue prochaine d'un congrès et les mouvements de pions qui ont
commencé au sein du parti au lendemain des élections préfigurent
une lutte de pouvoir entre les tenants de la ligne dure et les soi-disant
"centristes".
La victoire sans appel
de Zapatero se mesure surtout à l'échelle des communautés
autonomes de Catalogne et du Pays Basque, ou les partis nationalistes
on subit un sérieux revers en faveur des candidats socialistes.
Même s'il était à prévoir un recul de la représentation
parlementaire de ces partis - dont le succès électoral de
2004 était largement dû à un rejet du Parti Populaire
et de la politique d'Aznar - l'importance de ce recul démontre
l'adhésion des basques et des catalans à l'action et à
l'attitude du gouvernement, ainsi qu'au projet politique de Zapatero.
Au Pays Basque, la
relégation du PNV au poste de deuxième force régionale
est un camouflet pour la politique indépendantiste de l'actuel
président Ibarretxe. C'est également un avertissement et
sans doute un coup d'arrêt à la consultation lancée
par celui-ci sur l'autodétermination de la région. Conservant
tout de même 6 députés et donc un groupe parlementaire,
le PNV n'en demeure pas moins un allié potentiel voire primordial
pour le nouveau gouvernement.
En Catalogne, l'effondrement
des indépendantistes républicains, alors que les autonomistes
de centre-droit maintiennent leur position, dénote le rejet d'une
attitude radicale mais surtout l'absence d'un projet crédible et
viable pour la région. Mais la défaite d'ERC représente
un sérieux casse-tête pour les socialistes à l'avenir:
comment continuer à gouverner la "Generalitat" avec une
gauche républicaine en déroute alors que le gouvernement
du PSOE va devoir s'appuyer sur le centre-droit de CiU au niveau national?
Tout semble annoncer de grosses difficultés dans le gouvernement
tripartite de Catalogne dans les mois qui viennent.
Ces mouvements de
l'électorat local ont donné à la Catalogne et au
Pays Basque un rôle primordial dans la victoire du PSOE, compensant
la perte des plusieurs sièges dans sa forteresse d'Andalousie,
sans doute lassée de la présidence éternelle de Manuel
Chaves et souhaitant un peu de changement. Cette importance du Pays Basque
et de la Catalogne dans la victoire socialiste va également se
retrouver dans la future gouvernance en raison de l'importance parlementaire
de ces deux régions.
Zapatero représente
une nouvelle social-démocratie. Lui-même et son groupe s'étaient
présentés et avaient gagné le 35ème congrès
du PSOE sous le nom de "Nueva Via", c'est-à-dire nouvelle
voie. Ce qui est intéressant et original par rapport à d'autres
démarches socialistes de la gauche européenne c'est que
la méthode a changé:
- Présenter un programme et des idées, et les appliquer
si l'on gagne.
- Gouverner dans le plus total respect des institutions, même dans
le difficile processus visant à en finir un jour avec le problème
du terrorisme basque.
- Rendre compatible la croissance économique avec la distribution
de la richesse, par l'établissement de prestations sociales. L'Espagne
souffrait d'un certain retard en la matière par rapport aux autres
pays européens riches, alors qu'elle est la 8ème puissance
économique mondiale.
- Établir et fixer dans la réalité les principes
de gauche: premier gouvernement paritaire, respect de l'argent public,
mise-à-mal de la corruption urbanistique, etc.
.
- Leader, non contesté qui peut porter avec son image les principes
des valeurs socialistes.
- Rénover et moderniser la communication politique (les campagnes
électorales du PSOE, sont très performantes du point de
vue de la communication par les moyens utilisés, nouvelles technologies
amorties au maximum, etc.).
Le programme très
audacieux de 2004 a été appliqué dans sa presque
totalité. Le programme 2008 est également ambitieux et implique
une continuité de l'impulsion des politiques sociales et sociétales,
qui font aujourd'hui de l'Espagne un pays à l'avant-garde des changements
sociaux malgré une histoire récente pas toujours facile
à gérer.
Les militants PS de
Madrid, acteurs et spectateurs de cette évolution de la société,
sont fiers de voir chaque jour l'Espagne avancer vers des valeurs qui
nous sont chères, et qui sont devenues un résumé
de la ligne politique de Zapatero: plus de Liberté, plus d'Égalité
et plus de Fraternité. Nous sommes fiers d'un socialisme qui gagne
et qui chaque jour transforme la société.
Section PS-Madrid
(FFE), mars 2008
http://madrid.parti-socialiste.fr/
Première
partie
Emploi et protection
sociale
Atteindre le plein
emploi :
Objectifs : créer
2 millions de nouveaux emplois, porter le taux d'occupation à 70%
(au moins 60% pour les femmes) afin d'atteindre l'objectif de Lisbonne,
réduire le taux de chômage à environ 7%, et réduire
le nombre d'emplois temporaires à 25% du total ; améliorer
les conditions de travail pour améliorer la productivité.
Quelques mesures concrètes
:
- Convoquer une grande réunion tripartite avec les syndicats et
les organisations patronales dès le début de la législature
pour décider du rythme des réformes. Les mesures prises
postérieurement seront également soumises aux partenaires
sociaux.
- Augmentation du salaire minimum, jusqu'à 800 euros en 2012, avec
l'objectif de 60% du salaire moyen à plus long terme et augmentation
de la participation des salariés aux résultats de l'entreprise.
- Pour lutter contre
l'abus de contrats d'intérim, le PSOE veut à la fois créer
des incitations à l'utilisation des CDI et des pénalités
en cas d'abus dans les contrats d'intérim ou à durée
déterminée. Parmi celles-ci, les contrats à durée
déterminée successifs interrompus aux vacances ou les week-ends,
ou correspondant à des activités différentes de celles
spécifiées dans le contrat, seront déclarés
abusifs ou frauduleux et requalifiés en CDI et les entreprises
devront payer une amende.
- Les contrôles de l'Inspection du Travail et de la Sécurité
Sociale seront renforcés pour détecter ces abus : les effectifs
de l'Inspection du Travail seront portés à 3000 inspecteurs
et sous-inspecteurs, dont 300 recrutements la première année
de la législature ; création d'une école spécifique
de formation pour les Inspecteurs du Travail, avec des spécialisations
en prévention des accidents du travail, répression des fraudes
et lutte contre l'économie souterraine.
- Renforcement de l'emploi à durée indéterminée
dans les Administrations publiques, et audits réguliers de la situation
dans chaque administration afin d'établir et de remplir des objectifs
chiffrés en pourcentage de CDI.
- Pour favoriser l'accès
à l'emploi des jeunes, création d'un contrat de formation
rémunéré et associé à des incitations
à l'embauche du titulaire de ce contrat à son expiration.
Création également d'un statut du stagiaire, pour qui un
contrat de formation devra obligatoirement être signé. Des
sanctions seront prises contre les entreprises qui emploient indument
des stagiaires.
- Pour prolonger la
vie active des seniors, des formations spécifiques pour les seniors
à la recherche d'un emploi seront créées, afin de
les orienter vers des professions où leur expérience sera
prise en considération ou de leur permettre de créer leur
entreprise. Amélioration des incitations fiscales à l'embauche
des + de 45 ans. Prise en compte de l'âge des travailleurs dans
l'évaluation des risques d'accident du travail. Amélioration
de l'accès des travailleurs les plus âgés à
la formation continue.
- Lutte contre les
accidents du travail par l'adoption d'une loi-cadre qui unifie les mesures
d'éducation, formation, prévention et sanction. Le budget
consacré à la lutte contre les accidents du travail sera
augmenté. Mise en place d'organismes de surveillance, mesure, prévention
et recherche sur les maladies professionnelles.
- Lutte contre les
discriminations au travail : mise en place des mesures prévues
dans la loi adoptée lors de la précédente législature
contre la discrimination salariale entre hommes et femmes ; lutte contre
les barrières légales, socioculturelles et physiques à
l'emploi des personnes handicapées ; favoriser l'accès à
l'éducation et l'emploi des personnes handicapées ; élaborer
un nouveau plan d'emploi aidé pour les personnes handicapées,
qui favorise l'accès postérieur à un contrat de travail
ordinaire.
- Adoption d'une loi
sur l'emploi affirmant le rôle central des services publics dans
le retour à l'emploi, grâce à une attention personnalisée
et l'adoption d'une charte régulant les services proposés,
notamment l'élaboration obligatoire d'un itinéraire personnalisé
de retour à l'emploi, l'accès à une formation pour
les demandeurs d'emploi sans qualification et la réalisation de
tests professionnels. Elaboration d'un plan pour la prise en charge des
travailleurs confrontés à un licenciement économique.
- Adoption de mesures
de coordination entre l'Education Nationale et les services publics de
l'emploi pour une prise en charge immédiate et efficace des jeunes
ayant abandonné le système scolaire sans qualification.
- Amélioration
et extension du Système d'Information des Services Publics de l'Emploi,
en particulier en coordination avec les autres Etats de l'UE, afin de
faciliter l'accès de tous les usagers à l'information sur
ces services.
- Pour renforcer le
rôle des syndicats, de nouvelles obligations seront créés
pour les groupes, notamment la création d'un comité inter-centres
et d'un comité de groupe national ; pour les sous-traitants, une
loi adoptée récemment obligera les entreprises à
augmenter la transparence de l'information fournie aux travailleurs ;
en cas d'appel d'offre, les procédures à suivre et les droits
des travailleurs seront plus strictement régulés. Les travailleurs,
via leurs représentants syndicaux, devront être associés
aux décisions affectant leurs droits et leur emploi. Les conventions
collectives seront étendues pour que tous les travailleurs soient
protégés par la négociation collective.
- Une commission d'enquête sera créée pour restituer
le patrimoine syndical spolié par la dictature franquiste.
Immigration et
emploi : les objectifs :
- Lutte contre l'immigration clandestine, et en particulier contre la
traite d'êtres humains exploités sexuellement ou comme main
d'uvre clandestine
- Aide à l'intégration des immigrants légaux et au
regroupement familial.
- Accueil des travailleurs étrangers selon les nécessités
du marché du travail local.
Moyens à mettre
en uvre :
- Augmentation des peines pour les membres des réseaux de traite
d'êtres humains.
- Renforcement des patrouilles côtières et des accords de
coopération avec les pays de départ des migrants et l'Union
Européenne ; création d'une Agence d'Immigration au niveau
nationale, afin de simplifier les procédures administratives et
de coordonner les politiques avec les Communautés Autonomes (régions)
espagnoles.
- Accélération des procédures d'expulsion pour les
immigrés en situation irrégulière. En cas de demande
d'asile, la procédure d'expulsion sera interrompue jusqu'à
la résolution du dossier.
- Augmentation des sanctions pour les entreprises employant des travailleurs
clandestins.
- Garantie aux immigrés
en Espagne de tous les droits reconnus par la Constitution espagnole,
sans discrimination ; mise en place de programmes de formation permettant
aux immigrés de comprendre les normes, valeurs et langues de la
société espagnole.
- Mise en place des moyens permettant de traiter en deux mois maximum
les demandes de regroupement familial. Si possible, le droit à
la résidence devra être accompagné d'un visa de travail
en cas de regroupement familial.
- Simplification des démarches d'obtention du visa de travail.
- Formation des travailleurs étrangers avant leur entrée
en poste, en Espagne ou dans leur pays d'origine.
- Incitation au recrutement de travailleurs étrangers spécialisés
ou très qualifiés.
- Poursuite des programmes de travail saisonnier pour travailleurs étrangers
mis en place ces dernières années, en veillant aux droits
de ces travailleurs, et en leur donnant la priorité pour revenir
les années suivantes ou obtenir un visa de longue durée.
- Promouvoir le codéveloppement et les programmes de retour volontaire
pour les immigrés voulant créer des activités productives
dans leur pays d'origine.
3ème objectif
: travail indépendant et économie sociale
- Le PSOE veut augmenter le nombre de travailleurs indépendants,
et inciter à la création d'entreprises sous une des formes
définies comme l'" économie sociale " (coopératives
et coopératives de travailleurs, en particulier).
Quelques mesures
concrètes :
- Améliorer les politiques d'incitation au travail indépendant,
en réduisant plus fortement les cotisations sociales pour les groupes
ayant les plus grandes difficultés d'insertion sur le marché
du travail.
- Création d'un système de protection pour les travailleurs
indépendants contraints de cesser leur activité.
- Permettre la mise en place effective des droits reconnus par le code
du travail pour les travailleurs indépendants qui dépendent
constamment de leur activité : vacances, horaires, compensations
en cas de cessation d'activité
Exemption du paiement de la
cotisation aux Chambres de Commerce pour ces travailleurs.
- Améliorer l'accès à la formation professionnelle
tout au long de la vie active.
- Développer l'entrepreneuriat grâce à des programmes
d'aide technique et à l'investissement pour la création
d'entreprises, en particulier sous les formes définies par la loi
de l'économie sociale (prévue pour la prochaine législature),
et dans les nouveaux domaines d'activité permettant des créations
d'emploi.
- Adaptation de la législation applicable aux coopératives
et aux coopératives de travailleurs, afin qu'elles se développent,
s'adaptent à la mondialisation et augmentent leur compétitivité.
Les mêmes normes s'appliqueront à l'économie sociale.
- Fournir un soutien aux entreprises reconnues par la loi de l'économie
sociale consacrées aux services d'intérêt général
et aux services sociaux, tels que l'enseignement, la santé, les
services à la communauté. Une aide particulière sera
fournie aux entreprises consacrées à l'aide aux personnes
dépendantes, et à l'aide internationale au développement.
Renforcer l'Etat
providence :
1er objectif : Retraites et Sécurité Sociale, un système
solidaire et durable
Mesures proposées :
- Augmentation des retraites les plus faibles, pour qu'aucune famille
n'ayant que ce revenu ne soit en-dessous du seuil de pauvreté,
soit une augmentation d'au moins 26% au cours de la prochaine législature,
et augmentation des pensions de veuvage.
- Rendre compatible le fait de percevoir une retraite avec un salaire
pour les travailleurs âgés qui continuent leur activité,
si ce salaire ne dépasse pas un certain seuil
- Couverture pour les personnes exerçant une activité au
sein du domicile familial, afin qu'elles aient des droits comparables
en cas d'incapacité temporaire et d'accident du travail notamment.
- Plus grande transparence et proximité, afin que chaque citoyen
sache à quelles prestations sociales il a droit.
2ème objectif
: un système de santé au service de tous les patients
- Garantie de l'égalité de l'accès aux soins sur
tout le territoire, et renforcement du service public de santé
- Renforcement des politiques de prévention
- Amélioration des soins aux personnes âgées, dépendantes
ou atteintes de maladies chroniques
- Plus de personnel médical et infirmier, et soutien aux professionnels
de la santé et à la recherche médicale
- Information aux consommateurs (NDLR : la Consommation et la Santé
dépendent du même ministère)
Mesures extraites
du programme :
- Augmentation de la dotation économique du Plan de Qualité
de la Santé, pour permettre l'accès aux soins palliatifs
pour tous, élaborer de nouveaux guides de bonnes pratiques cliniques,
améliorer la qualité de la prise en charge, indépendamment
du lieu de résidence des patients.
- Consultation des associations de patients pour l'élaboration
des normes de qualité s'appliquant au secteur.
- Amélioration des soins généralistes grâce
à une réduction de la charge administrative des médecins,
une offre plus fournie de soins à domicile, une plus grande rapidité
de l'accueil aux urgences, et une meilleure coordination avec les spécialistes.
- Mise en place de délais d'attente avant la prise en charge maximaux
pour les maladies pouvant provoquer un handicap ou des séquelles
graves si le traitement n'est pas rapide
- Généralisation de l'ordonnance électronique, pour
permettre un meilleur suivi du patient.
- Promotion du don et de la greffe d'organes.
- Plan de santé
bucco-dentale pour tous les enfants
- Programme d'éducation à la santé, pour promouvoir
un mode de vie sain, former aux premiers soins, etc
Coordination
avec les personnels de santé pour évaluer les maladies les
plus courantes dans chaque région, et les prévenir après
en avoir décelé les causes.
- Education à la santé sexuelle adaptée aux différentes
tranches d'âge
- Promotion auprès de Bruxelles d'une TVA à taux réduit
pour les préservatifs et la pilule du lendemain ; leur accès
devra être facilité pour les adolescents.
- Développement d'une stratégie nationale de suivi de la
grossesse et l'accouchement qui prenne en compte la diversité culturelle
et le handicap, et promeuve la coresponsabilité des parents.
- Evaluation des politiques publiques de santé.
- Campagnes d'éducation
sur le bon usage des médicaments.
- Plan de sécurité pharmacologique, qui permette de prévenir
les erreurs de médication et le meilleur suivi des traitements
prescrits. Lutte contre la falsification et le trafic de médicaments
- Mesures en faveur de la R&D dans le domaine pharmaceutique
- Financement d'essais cliniques indépendants et à caractère
non commercial, en particulier pour les maladies rares.
- Plan de prévention
et de traitement du SIDA. Lutte contre la discrimination envers les séropositifs
dans le monde du travail, et garantie de leur droit effectif à
la santé, et notamment au don d'organes, à la reproduction
assistée, dans des conditions d'égalité.
- Lutte contre l'alcoolisme, en particulier chez les jeunes
- Régulation des traitements alternatifs et naturels, et en particulier
des formations et des compétences professionnelles requis pour
les dispenser.
- Elaboration d'une loi de la Santé, la Sécurité
Alimentaire et la Nutrition pour contrôler les risques alimentaires
tout au long de la chaîne de production et distribution et coordonner
les actions publiques, en particulier pour réduire l'utilisation
excessive de sel et graisses dans les aliments.
- Lutte contre l'anorexie et la boulimie. Harmonisation des tailles de
vêtements pour promouvoir un aspect physique sain et s'adapter aux
caractéristiques physiques réelles de la population.
- Plan de formation
de professionnels de la santé, et aide à la réinstallation
en Espagne pour ceux qui travaillent à l'étranger. Planification
des besoins dans dix ans, et réactualisation régulière
(au moins deux fois par législature) pour couvrir toutes les spécialités
nécessaires. Augmentation du nombre de places en faculté
de médecine et école d'infirmiers.
- Renforcement des sanctions en cas d'agression aux personnels de santé.
- Incitation à la participation des personnels de santé
à des programmes de coopération sanitaire internationale.
- Renforcement de l'éducation, la formation, l'information et les
droits des consommateurs en Espagne et au niveau européen : renforcement
des contrôles de qualité, surveillance des importations,
nouvelle législation et sanctions renforcées pour les pratiques
déloyales des entreprises
- Etiquetage social et environnemental qui permette la traçabilité
des produits. Création d'un Observatoire des politiques de consommation
afin de surveiller et promouvoir les bonnes pratiques d'entreprise, et
inciter au commerce éthique et à la lutte contre le réchauffement
climatique.
- Augmentation de la vitesse de transmission des informations pour éviter
la commercialisation de produits ne respectant les normes sociales, environnementales
et de qualité.
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